Laurette Broll

Laurette Broll, Céramiste à Paris

photos : Maeva Allio
#ceramique #creatrice #paris #lesgrandsvoisins

De quelle région es-tu originaire ?

Je suis originaire d’Alsace

Quelle est ton odeur, ta matière et ta couleur préférée ? Qu’est-ce qu’elles t’évoquent ?

Je n’aime pas beaucoup parler de préférence. Cela implique une sorte de non retour sur ses propres goût, choix, etc.. Mais je dirais que je suis actuellement beaucoup inspirer par la céramique évidemment et le textile en terme de matière. J’aime le lin, le velours, la vannerie, etc

Quel est l’artiste qui t’inspire le plus ? 

J’ai été touché par le travail du peintre César Paternosto et l’architecte Freddy Mamani à l’exposition « Géométries sud » de la Fondation Cartier. J’aime beaucoup observer le travail de la couleur chez les artistes, la manière dont il la pose, les contrastes sur lesquels ils jouent, et la texture de la couleur sur les différents support.

Y-a-t-il une personne dont tu admires le travail ?

Oui, énormément de personnes. Autant dans leur création que dans leur parcours de vie et entrepreneurial. Je pense à Amélie Pichard, Lisa Gachet, Sophie Fontanel,..

As-tu un projet particulier d’objets en tête que tu aimerais nous dévoiler ?

J’aimerais développer plus d’objets de décoration, en particulier des vases.

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio

Connais-tu une chanson qui évoque le mieux tes pièces ? Ou une bande son que tu écoutes souvent quand tu crées tes pièces ?

Je n’ai pas de chanson précises en tête, mais je pense que musicalement mes objets sont dans une rythmique plutôt funk !

Après ton diplôme des métiers d’art et une première expérience en tant qu’assistante designer, tu es partie six mois au Vietnam. Que t’a apporté ce voyage ?

Tellement de choses.. Une ouverture sur une autre culture, l’envie dévorante de voyager, des idées plein la tête, et une passion de la cuisine asiatique.

Quel a été le déclic qui t’a permis de faire de la céramique ton métier ? Comment en es-tu arrivé à faire de ton rêve une réalité ?

Le déclic s’est fait à mon retour en France. Au fond je savais que je voulais faire de la céramique et de l’art de la table mais je ne savais pas par où commencer. C’est la rencontre avec des céramistes français qui m’as permis de me projeté, ils m’ont donné des clefs pour me lancer.

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio
Tu t’es formée pendant cinq mois à temps plein auprès de Augusto Tozzola, céramiste italien. Y-a-t-il eu d’autres rencontres déterminantes qui t’ont permis de construire ton projet ?

J’ai rencontré chez Mr Tozzola, beaucoup de céramistes en devenir qui se sont lancé depuis dans l’aventure. C’est très enrichissant de pouvoir échanger avec elles, il y a beaucoup d’entraide et de complicité.

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio


Comment as-tu trouvé ton style ? L’envie d’allier les formes, les couleurs mais aussi la praticité a-t-elle été une évidence dès le début ?

J’ai commencé par faire ce que j’avais envie de faire, sans trop réfléchir au style. Puis avec l’aide d’une amie designer, Fanny Muller, nous avons disséqué les différentes tendances parmi ma production. Nous avons fait un long travail d’analyse et de recherche en gardant l’idée de la fonction comme le principale objectif auquel on apposerai des valeurs esthétiques et sémantiques.

Dans les pièces que tu as créé quelles est ta préférée et pourquoi ?

La théière Diabolo qui était la première pièce dont j’étais fière. Elle a ensuite inspiré le reste de la collection 2016-2017.

Je serai vraiment intéressée d’en savoir plus sur tes pièces, aurais-tu une anecdote spécifique à raconter au sujet de :

  • une couleur recherchée ? J’ai commencé à développer particulièrement les teintes de rouges car j’avais un projet dans un collège du 93 qui avait pour thème : les organes humains.
  •  les mal-aimés ? C’est grâce à Sara du blog de la belette que j’ai eu l’idée d’utiliser la pâte Sugru pour réparer des pièces casser. Elle s’inspire elle-même de la technique japonaise du Kintsugi.

Coupelle Laurette Broll, mal-aimé, objets imparfaits

 

Comment signes-tu tes pièces ? Pourquoi ? Est-ce que ce signe a été long à choisir ? Quelle fierté en tires-tu ?

Je signe toutes mes pièces lb . fait main . PARIS . 2019.
J’ai toujours signer avec mes initiales LB comme beaucoup de céramistes. J’y ai rapidement accolé la date, comme j’aime le faire dans mes carnets de croquis. Le fait main à Paris est venu plus tard grâce à une suggestion du graphiste Kevin Lhuissier (alias Kelh) qui travaillait au dessus de mon atelier. J’ai testé l’idée et très vite approuvé !

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio


Donnes-tu des prénoms ou surnoms à tes pièces ?

Je donne plutôt des surnoms aux couleurs qui n’est finalement pas toujours le nom officiel que j’ai choisi.

Est-ce qu’il t’arrive parfois de penser aux personnes pouvant trouver une de tes pièces avec ta signature dans le futur ?

Pas vraiment, je ne fais pas vraiment ce travail pour la postérité !

Quel effet cela te fait de savoir tes objets dans une autre maison que la tienne – voire même dans un autre pays ? Te l’es-tu déjà imaginé ?

Je suis simplement heureuse que des gens viennent m’acheter des objets car mes pièces ont une histoire assez singulière pour les faire voyager.

Quand as tu réalisé la première vente d’une de tes créations ? À qui ? Où ? Racontes nous un peu comment cela s’est passé et ce que tu as ressenti ?

La première vente c’est fait dans mon atelier aux Grands Voisins. C’était assez fou et touchant de voir des personnes investir dans mon travail.

Te rappelles tu ce que tu as acheté avec les premiers cachets que t’ont rapporté les ventes de tes créations ?

Les belles ventes sont souvent célébré par un bon resto !

L’objet que tu préfères chez toi ou dans ton atelier ? Peux-tu nous le décrire ?

J’aime beaucoup mon petit tableau qui représente un hippopotame. C’est un peu la mascotte de l’atelier et l’un des rares élément purement décoratif de mon espace de travail. Je l’ai acheté par hasard dans une brocante quand j’ai trouvé mon premier atelier. Il était, au départ, parfait pour cacher l’ancienne prise triphasé. Puis au fur et à mesure de mes recherches d’émail, je me suis rendue compte qu’il était comme une source d’inspiration colorimétrique !

La mascotte de l'atelier de Laurette Broll

Dirais-tu de toi que tu es matérialiste ?

J’essaye de l’être uniquement avec des objets qui ont une histoire à raconter et fabriquer de manière artisanal et local.

Quelles valeurs souhaites-tu porter via tes créations ?

Les valeurs de l’artisanat, du fait main, du local, de la bienveillance et de la beauté au quotidien.

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio


L’émaillage est l’une des parties les plus complexes et je sais que tu fais beaucoup d’expérimentations. Qu’est-ce qui t’attires dans ce domaine ?

L’émail est une matière chimique qui réagit à la cuisson. Ce n’est pas moi qui décide de ce qu’il va se produire, je ne maîtrise jamais la matière à 100 %. Et quand je fais des recherches je suis toujours très enthousiasmée par ce que je retrouve dans mon four, parfois cela correspond à mes attentes, parfois cela va au-delà mais parfois aussi c’est très décevant. J’aime bien cette idée que ce n’est pas moi qui décide de tout. Cela m’offre de nouvelles perspectives.

 

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio  reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio

 

reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio


Depuis 2016, tu as ton atelier aux Grands Voisins, projet de réhabilitation de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Au quotidien, cela t’apporte t-il de travailler entourée d’artisans, entrepreneurs et startupers ?

Être entourée d’autres entrepreneurs est très enrichissant au quotidien. Cela permet de se sentir moins seule face au problème que l’on rencontre et de créer une belle énergie.


reportage atelier laurette broll pour maison creme _ copyright maeva allio

 

Découvrez toutes les pièces de Laurette Broll ici

 

Nos dernières publications Instagram