Objet fétiche : Marion de Et si Demain

Si je devais ne retenir qu'un seul objet, celui qui a mes faveurs, quel serait-il ? Quand Caroline, créatrice de Maison Crème, m'a proposé de recueillir mon témoignage sur le sujet, j'ai d'abord souri tant cette question me paraissait simple. 
Il y a quelques années, je n'aurais pas hésité une seconde, je lui aurais répondu avec aplomb tel ou tel objet. Et si elle était revenue vers moi quelques semaines après avec cette même question, il est fort probable que je lui aurais donné sans ciller le nom d'un autre objet.
Au fil de ma vie, mes préférences sont allées d'un objet à un autre et ainsi de suite. Un billet doux, quelques souvenirs immortalisés, un bijou... Devenaient, le temps d'un instant, le bien le plus précieux. Mais, inlassablement, cet objet était relégué au second plan par un autre et encore un autre, au gré de mes belles rencontres et envies du moment.
Alors oui, quand Caroline m'a posé cette question, j'ai d'abord souri. Et puis... Et puis, le néant. Je me suis vue incapable de lui donner un nom sans devoir y réfléchir. J'ai passé en revue les objets que je possède, sans qu'un seul ne se distingue, vraiment...
Ça a été l'occasion de réaliser ce que je pressentais : moi qui auparavant étais une consommatrice invétérée, j'avais fini par redonner à mes objets leur place d'objets, qui jamais ne remplaceront les moments.
Ne vous méprenez pas, j'aime chacun des objets dont je me suis entourée / que j'ai conservé au fil de mon grand tri. Certains, véritables objets du quotidien, me sont utiles (presque) tous les jours. Les autres, eux, sont utiles à mon bien-être, que ce soit pour leur esthétisme pur ou pour leur valeur affective.
Et c'est ce qui m'a retenue : étant à un stade où je ne fais que parfaire mon grand tri, j'aime chacun de ceux qu'il me reste. Néanmoins, devant n'en retenir qu'un, mon choix s'est assez vite porté sur un objet possédant les qualités requises pour être mon préféré, s'il en était un.
De cet objet, j'aime l'histoire. Car oui, je suis de celles qui considèrent que chacune de nos possessions est porteuse d'une histoire, plus ou moiks longue, plus ou moins heureuse. En l'occurrence, c'est l'histoire d'un objet fait main dans un atelier niché au cœur de l'Aveyron. 
Un objet qui, avant d'en être un, a été pensé par sa créatrice dans les moindres détails pour être telle qu'elle le rêvait. Un objet qui, pour prendre vie, a nécessité l'union de deux savoir-faire complémentaires : le travail de bougiste et celui de céramiste. Et surtout, un objet né du désir de sa créatrice de "sublimer le simplement beau". En témoignent ses senteurs délicates, à la présence discrète et son design épuré à souhait.
 
Le design. C'est ce que l'on voit au premier regard quand nos yeux se portent sur un objet. Pour ma part, j'affectionne les tons monochromes, de préférence doux et les formes simples. L'épure dans l'Art. Le design de cette bougie ne pouvait donc que m'appeler : sa blancheur immaculée lui donne un aspect épuré, quand ses courbes rondes lui confèrent de la douceur.
Au-delà de son esthétisme pur, auquel je suis sensible, j'apprécie son aspect utile. Peut-être pas en tant qu'objet du quotidien à proprement parler, puisque dans l'absolu, les bougies ne sont pas indispensables à la vie de tous les jours... Pour autant, elles n'ont pas leur pareil pour apporter du bien-être !
Éteintes, elles apportent une touche chaleureuse à tout intérieur, été comme hiver. Allumées, elles deviennent invitation à prendre le temps. A se laisser bercer par le crépitement de la mèche en bois. Notre regard se perd 
dans les ombres créés au gré des ondulations de la flamme vacillante, tantôt fragile, tantôt forte. 
Ou peut-être nos yeux se ferment-ils et nous laissons-nous simplement porter par ses senteurs, faisant remonter  en nous, qui sait, des sentiments enfouis... Car, comme se plaît à le dire Marine, le parfum n'a-t-il pas "le pouvoir extraordinaire de raviver un souvenir que l'on croyait perdu depuis longtemps" (Jean-Paul Guerlain) ?
C'est en tout cas ce que je ressens en allumant cette bougie, perpétuant l'histoire à laquelle nous invite Marine.
Une histoire qui ne fait que commencer... Libre à nous d'en écrire la suite une fois la cire totalement fondue. J'ai d'abord pris plaisir à l'allumer chaque soir ou presque lors de ces longues soirées d'automne, sans m'attacher à ce qu'elle accompagne des moments particuliers, vécus comme presque sacrés. En me contenant, simplement, de cueillir l'instant. Car je savais que je n'écrivais qu'une simple page de ce qui peut devenir une longue histoire...
Aujourd'hui, elle est une terre d'accueil parfaite pour une décoration de saison, faite d'un unique cierge et de quelques pommes de pin glanées au fil de mes balades automnales. Et demain ? Demain, peut-être se fera-t-elle tasse pour breuvages chauds bienfaisants ou encore pot pour plante à cultiver avec amour... La seule chose qui est sûre, c'est que son design en fait un objet évolutif, propice à suivre mes envies et besoins du moment (et donc, durable).
Un objet beau, utile, durable et porteur d'histoire. Une histoire d'abord écrite par sa créatrice, en l'occurrence à quatre mains et ensuite perpétuée par nos soins. Et en l'occurrence (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle mon choix s'est porté sur cet objet et non un autre), l'histoire que Marine et moi continuons d'écrire chaque jour.
Ce qui ne devait être à l'origine qu'une simple interview est devenue un lien qui se tisse au fil du temps avec Marine, au gré de nos échanges, au gré de nos collaborations... C'est d'ailleurs à elle que l'on doit le design de Et si deux mains et je ne la remercierai jamais assez d'avoir donné à mes écrits l'enveloppe que je n'osais pas leur rêver. 

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